Dans une forêt, une rivière, une montagne ou un littoral, des milliers d’espèces peuvent cohabiter. Certaines sont faciles à observer. D’autres sont minuscules, nocturnes, rares ou difficiles à identifier.
Avant de pouvoir les protéger, encore faut-il savoir qu’elles sont là.
Connaître le vivant : la première étape de la conservation
Pour protéger une espèce, les scientifiques ont besoin de connaître sa répartition, son habitat, ses effectifs, son alimentation ou encore les menaces auxquelles elle est confrontée.
Cela passe par des inventaires et des observations.
Une plante recensée aujourd’hui pourra être recherchée à nouveau dans quelques années. Une population animale pourra être suivie dans le temps. Une modification de son environnement pourra être documentée.
La biodiversité n’est donc pas uniquement une collection d’animaux et de plantes extraordinaires. Elle est aussi une immense base de connaissances qu’il faut continuellement enrichir.
Les espèces que nous ne voyons pas
Le problème est que notre regard humain est limité.
Nous remarquons facilement un grand mammifère ou un oiseau coloré. Nous prêtons beaucoup moins attention aux insectes, aux champignons, aux organismes du sol ou aux espèces nocturnes.
Pourtant, ces organismes jouent des rôles essentiels dans les écosystèmes.
C’est pourquoi les programmes scientifiques de terrain utilisent de nombreux outils : pièges photographiques, relevés botaniques, observations acoustiques, analyses génétiques, mesures environnementales ou encore suivi des populations.
OSI s’inscrit dans cette logique avec des projets consacrés à la biodiversité dans différents milieux, des montagnes aux écosystèmes marins. Son réseau présente notamment des suivis de biodiversité en altitude et des projets d’exploration de la faune.
Quand observer devient participer
La connaissance de la biodiversité ne repose pas uniquement sur les chercheurs.
Des citoyens peuvent contribuer à collecter des observations. Des jeunes peuvent apprendre à identifier des espèces. Des groupes peuvent suivre l’évolution d’un milieu.
C’est l’un des principes de la science participative : augmenter la capacité d’observation tout en permettant aux participants de mieux comprendre les méthodes scientifiques.
Dans ce contexte, une randonnée peut prendre une autre dimension.
On ne traverse plus simplement une forêt : on cherche des indices.
On ne regarde plus simplement une rivière : on s’interroge sur sa qualité.
On ne photographie plus simplement une fleur : on cherche à l’identifier et à comprendre son environnement.
Protéger commence donc par regarder
La conservation repose sur des décisions. Et les décisions ont besoin de connaissances.
Plus les informations disponibles sont précises, plus il devient possible d’identifier les zones sensibles, de comprendre les changements et d’adapter les actions de protection.
Cela ne signifie évidemment pas que connaître suffit à protéger. Mais sans connaissance, la protection risque de rester approximative.
C’est peut-être l’un des grands enjeux de la biodiversité aujourd’hui : apprendre à regarder ce que nous avons pris l’habitude de ne plus voir.
La science comme porte d’entrée vers la nature
C’est aussi ce que peuvent apporter les séjours scientifiques.
En proposant à des participants d’étudier concrètement un milieu, OSI transforme la découverte de la nature en expérience scientifique. Les participants peuvent être amenés à observer, identifier, mesurer et questionner.
Le but n’est pas seulement de repartir avec de beaux souvenirs.
C’est aussi de repartir avec une autre manière de regarder le monde.
Car protéger la biodiversité commence peut-être par une chose très simple : apprendre à connaître le vivant qui nous entoure.

